Rocé aka José Kaminsky est un rappeur français. Sa musique puise ses couleurs dans ses racines : argentines, russes, françaises et algériennes. Pour satisfaire ce besoin de mélanger les genres, les expériences, il va multiplier les collaborations, notamment sur son deuxième album “Identité En Crescendo” où figurent Gonzales, le saxophoniste Archie Shepp, le batteur de Magma Antoine Paganotti. En Mars 2010, Rocé sort un troisième disque “L’Etre Humain Et Le Réverbère” (Big Cheese) qu’il emmène sur les terres du free jazz, avec toujours cette once de poésie qu’il distille dans ses textes. Avant de sortir un album punk aux accents ska, Rocé a pris le temps de répondre au célèbre questionnaire de la Grande Dépression. Et nous l’en remercions.
Le morceau où vous aimez noyer votre chagrin ?
“Eddy Mitchel : Il ne rentre pas ce soir.”
C’est un vieux morceau que j’ai découvert très récemment. Il décrit et il correspond tellement à notre époque que je m’y enfonce.
La dernière fois que vous avez pleuré ? …
La déprime est-elle source de création ?
Oui, d’où l’expression “avoir le blues”. La déprime mélangée à la colère donne une alchimie magique pour créer. La déprime c’est la profondeur, la colère c’est l’énergie.
Votre artiste dépressif(ve) préferé(e)?
Charles Aznavour. Très très fort pour nous engouffrer.
Un film qui vous file le bourdon à chaque fois ?
Il était une fois la Révolution, de Sergio Leone. D’ailleurs mon préféré. Mélange parfait entre utopie et cynisme.
La chanson ou l’artiste qui est un phare pour vous en cas de déprime ?
L’artiste Archie Shepp. Le souffle nostalgique de son saxophone est celui d’un combattant.
Archie Shepp Group - In A Sentimental Mood (Live 1978)
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Et allez ! Encore un rapport de diététiciens à la con qui raconte qu’en mangeant plus de vitamines B6 et B12, on pourrait se protéger de la dépression !
En effet, une carence alimentaire de produits riches en vitamines B6 et B12 serait un facteur de dépression. Kimberly Skarupski, auteur du rapport nous livre son analyse : « Nos résultats appuient l’hypothèse que des apports élevés totaux en vitamines B6 et B12 protègent des symptômes dépressifs au cours du temps ».
Mais alors, où est ce qu’on trouve des vitamines B6 et B12 ? Dans le foie de bœuf… Kimberly, fais moi manger du foie, tu constateras que je serais encore plus malheureux ! Qu’est ce que j’ai pu pleurer à table quand ma mère me forçait à manger ça ! Ah, et le lait de soja est riche en vitamines aussi. Ça tombe bien c’est dégueulasse… Du lait de soja ! Non mais je suis dépressif, pas un baboss à savate en toile !
J’ai même lu qu’en France on soignait la dépression avec des ondes, afin de stimuler une partie du cerveau qui réveillerait des neurones capable de combattre la mélancolie ! Si ! Si !!
Bon, tu sors de là avec le sourire , mais comme c’est pas remboursé par la Sécu, t’es obligé de te mettre un crédit sur le dos, où tu mets un an avant de rembourser juste les intérêts. Tu vis sous pression. Tu déprimes. hop re-séance. Re un bras… re déprime… La machine est lancée et semble bien rodée !
Suivez plutôt Prozac, Rivotril et Xanax. Les rois mages de la dépression. Un jour, je vous le dis, des rues porteront ces noms.
Yves Ringer, 15 Avenue de Rivotril. Paris.
CAN - Vitamin C
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Koudlam est un compositeur français de musique électronique, entouré de mystère. Enfant des rave, il développe son univers sombre, poétique et symphonique depuis l’âge de 17 ans. En 2009, il sort son 1er album « Goodbye », qui n’est pas un adieu précoce, mais12 titres pour ‘ambiancer’ une fin du monde. Vous pouvez retrouver Koudlam en live au festival de Calvi On The Rocks le 3 juillet. En attendant la prophétie de 2012, Koudlam a répondu au fameux questionnaire de la Grande Dépression. Et nous l’en remercions.
Le morceau où vous aimez noyer votre chagrin ?
“Faust” de Paul Williams sur la B.O de Phantom of the Paradise, dans lequel ma peine se mute en pouvoir maléfique.
La dernière fois que vous avez pleuré ?
Merde ! C’est quoi cette question? ah oui c’est la grande dépression. Eh bien je crois que c’était le 13 mars 1999, le jour ou j’ai eu mon permis poids lourd.
La déprime est-elle source de création ?
Possible. Tout dépend de la nature de la-dite déprime conjuguée à la nature de l’individu.
Votre artiste dépressif(ve) préferé(e)?
Kurt Cobain sans doute.
Un film qui vous file le bourdon à chaque fois ?
“Quand Harry rencontre Sally”.
La chanson ou l’artiste qui est un phare pour vous en cas de déprime ?
“Hitler” de EEK A MOUSE. Une légende. Aujourd’hui je n’écoute plus que du reggae, je fume des buzz et ne déprime plus, je n’en ai pas les moyens puisque je suis défoncé en permanence.
Cette note s’adresse aux personnes qui ont plus visité le site Lostpedia que Youporn.
Depuis que Lost s’est achevé, je me sens un peu perdu. Désorienté. Le mercredi soir, je tourne en rond. J’ai voulu me remater des épisodes. Histoire d’y retourner. Un peu comme Jack, après avoir quitté l’île. II sait qu’il a fait une connerie alors il se met à boire et à imaginer qu’en reprenant un avion LAX-Sydney, il va se re-crasher sur l’Ile. Bah moi, pareil. J’en suis là.
Je suis ce Jack barbu, qui s’arrête sur le pont, et monte sur la corniche pour sauter. Je suis John Locke, qui n’a pas ramené les autres sur l’île et qui, dans un geste de désespoir, décide de mettre fin à ses jours. Je suis Desmond, qui ne veut plus pousser le « bouton qui sauve le monde » et décide d’imiter Radzinsky en se faisant péter le caisson.
La fin de la série m’a laissé en plan. J’ai beau écouter le discours de Christian Shepard à son fils Jack, j’ai pas envie de me souvenir et de passer à autre chose.
Qui va me parler en langage codé chaque semaine ? Qu’est ce que je vais pouvoir essayer de décrypter ? Quelle série va me forcer à lire « Sa majesté des mouches » ou « Catch-22 » ? A écouter Willie Nelson ou Mamas and the Papas ? A lire un article Wikipedia sur l’Effet Casimir ou sur la déesse Taweret ?
Regarder Lost, c’était un cours magistral et une réflexion spirituelle. Entre les épisodes, tu faisais tes devoirs en allant sur Lostpedia, afin de réviser pour l’épisode suivant : comprendre le sens des images, des mots et des références. Je suis allé hier sur Lostpedia. Y’a rien de nouveau. L’immense tableau temporel est terminé et on doit se démerder pour y trouver un sens. Grosse déprime.
Ce qui me chagrine le plus, ce sont les flashsideways : ils me sont restés en travers de la gorge. Un “Long Con” scénaristique. Tu crois qu’ils ont réussi à créer un futur alternatif après l’explosion de Jugghead en 1977… Non. C’est juste le purgatoire de Jack, son petit lieu de réunion avec tous ses amis de l’île. Avant de se dire au revoir et faire le grand bon vers la mort et l’oubli. Si tu veux te revoir la saison 6, tu dois te retaper ses longueurs de non-scénario qui n’apporte pas le moindre grain au moulin de la mythologie lostienne !
Malgré tout, une seule image du “Finale” me hante : ce brave docteur qui titube dans son champ de bambou, avant que son œil se ferme à jamais. Live Together, Die Alone… Magnifique.
Je suis malheureux. Mais il reste un dernier espoir : le coffret DVD/Blu-ray qui sortira en Août. 20 minutes de Lost inédites. J’ai trouvé mon vol Ajira pour retourner sur l’île sans l’aide de la choucroutée Eloise Hawking !
Chris Clark - I want to go back there again
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Didier Lestrade est un journaliste et un écrivain français. Connu pour son activisme dans “le droit à la fierté des minorités”, il s’est également investi dans la lutte contre le Sida en co-fondant Act-Up. Didier a aujourd’hui 50 ans et a au moins 30 années de clubbing derrière lui. Il a raconté la Disco et la House au travers de chroniques qu’il a pu écrire dans divers magazines. Son nouveau livre « Chroniques du dance floor » compile ses papiers écrits dans le journal Libération entre 1988 et 1999. Il retrace ainsi l’histoire de la House music qui est passée de l’underground au mainstream, et traite des capacités salvatrice de la dance music et du mercantilisme qui a eu raison de l’idéologie du mouvement. Didier Lestrade a beau s’être retiré à la campagne, tous ses combats continuent. Entre deux silences, il a accepté de répondre au questionnaire de la Grande Dépression. Et nous l’en remercions.
Quel est le morceau où vous aimez noyer votre chagrin ?
Je n’ai jamais ce qu’on appelle du “chagrin”, mais si ça m’arrive à nouveau, j’irai directement vers “Two Hearts” de Stephanie Mills et Teddy Pendergrass.
La dernière fois que j’ai pleuré ?
Don’t remember car ça m’arrive souvent devant la télé et au cinéma, je suis très bon public et dès qu’il y a une histoire d’amour qui finit bien, I’m all for it, et je pleure surtout quand la scène du baiser est bien faite car quand c’est joli, ça brise le coeur tellement on est content.
La déprime est-elle source de création ?
Oui, bien, sûr, c’est physiologique, on est mal, on est triste, on est suicidaire, c’est un sentiment qui appelle l’expression. Still, moi je ne fonctionne pas comme ça, j’écris le mieux quand je suis content, peinard dans un train par exemple. Mais toutes les belles musiques viennent de la douleur.
Mon artiste dépressif préféré ?
Jimmy Scott.
Un film qui vous donne le bourdon à chaque fois ?
“Barry Lindon” de Kubrick. Je sais pas, c’est tellement pervers comme film!
La chanson ou l’artiste qui est un phare en cas de déprime ?
Maintenant, c’est le folk qui me fait du bien, Veneer surtout, Bon Iver. Avant c’était “This Time” de Chante Moore mais je l’ai tellement usé, et le disque est toujours aussi puissant sur moi que je ne l’écoute plus, je m’empêche, je le garde pour les très grandes occasions !
Elvis Presley rencontre Priscilla Warner en 1954 en Allemagne. Elle a 14 ans et lui 19. Malgré un début de relation en dent de scie du fait du jeune âge de Priscilla, ils finissent par se marier en 1967.
Mais leur mariage bat vite de l’aile après la naissance de leur fille, Lisa-Marie. Elvis est toujours en tournée, et son addiction aux médicaments ne cesse de s’aggraver. Voyant sa femme s’ennuyer dans leur maison, Elvis lui présente alors son prof de karaté, Mike Stone, pour qu’elle prenne des cours avec lui. Priscilla est ravie, elle pourra combler sa solitude dans une activité physique tout en étant proche d’un hobbie de son mari. Sauf qu’elle préfère largement Mike Stone au karaté. En voyant le soudain intérêt de sa femme pour ce sport de combat, Elvis, pas con, flaire l’adultère. Une nuit, il pète un câble et la brutalise en lui gueulant : «Voilà comment un vrai homme fait l’amour à une femme”. Le lendemain, Priscilla quitte Elvis, qui ne voudra plus jamais entendre parler de karaté.
En mars 1972, six mois après leur séparation, et un an avant leur divorce, Elvis reprend pour une face B, un standard de Brenda Lee, « Always On My Mind ». Les paroles de ce morceau dans la bouche d’Elvis, sonne comme un pardon et comme l’aveu d’un lourd échec sentimental. La vérité, c’est qu’Elvis ne se remettra jamais de sa rupture avec Priscilla, préférant noyer son chagrin dans l’alcool, la drogue et la musique. Au péril de sa vie, en 1977.
Elvis Presley - Always on my mind (Elvis on tour - Nov. 1972)
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Vous êtes heureux. Le soleil est revenu. Vous adorez siroter des bières pêche en terrasse des cafés, tout en faisant joujou avec votre iPhone, histoire d’attirer l’attention sur vous. Mais saviez-vous que le prix de votre iPhone est à peu près équivalent au salaire mensuel de l’ouvrier chinois qui l’a fabriqué ? AH… Comment ça, vous ne voulez pas le savoir ? J’insiste. Je vais vous raconter toute l’histoire de votre iPhone, car il a du sang sur son écran tactile…
Foxconn est une énorme entreprise sous-traitante taïwanaise (800 000 salariés dans le monde), qui travaille avec Apple, dans la fabrication de l’iPhone. Apple affirme s’être toujours soucié des bonnes conditions de travail au sein de sa chaîne de fournisseurs, et a établit une liste de recommandations à respecter, assez éloignées tout de même du modèle occidental. En effet, Apple fixe à 60 heures par semaine le temps de travail chez ses sous-traitants. Sans compter, qu’un récent rapport montre que 54% des manufacturiers chinois ne respectent pas cette limite.
Les usines chinoises de Foxconn en font partie. Selon le témoignage d’une employée du groupe, âgée de 21 ans, elle travaille 72 heures par semaine. Elle déclare : « L’atmosphère est si tendue et déprimante que nous n’avons pas le droit de nous parler ou alors on se fait réprimander par nos contremaîtres ». Pour une autre salariée: « J’ai l’impression que ma vie est vide, et de travailler comme une machine. »
Alors ça ne vous étonnera pas d’apprendre que depuis le début de l’année, neufs salariés chinois de Foxconn se sont donnés la mort et deux autres ont tentés de se suicider. Déjà en 2009, un employé qui avait été tenu pour responsable de la disparition d’un iPhone, avait fait l’objet d’une enquête interne si « humiliante » qu’il avait mis fin à ses jours.
Devant cette tragédie, le président et fondateur de Foxconn, Terry Gou a présenté ses excuses pour les suicides lors d’une conférence de presse ! Pour endiguer le problème, il a eu la géniale idée de demander à ses employés de s’engager par écrit à ne pas se suicider. Imaginez la tête des salariés ! Surtout que Terry Gou assure que ces suicides seraient plus liés à des problèmes personnels qu’aux conditions de travail. D’ailleurs, il recommande aux ouvriers de suivre un traitement psychiatrique, « si leur état physique ou mental est anormal ». De plus, des filets ont été tendus autour des bâtiments pour dissuader les sauts dans le vide.
Pour les groupes de défense des travailleurs en Chine, cette vague de suicides reflète le mal-être de millions d’ouvriers chinois, astreints à de longs horaires et d’intenses pressions.
Voilà, ce que traverse l’iPhone pour qu’il soit rapidement entre les mains du consommateur, une longue et douloureuse chaîne de production qui piétine le moral et les conditions de vie de milliers d’ouvriers chinois. Bien évidemment, il n’y a pas d’application pour lutter contre ça.
Source : Le Figaro, The Independant.
Suzanne Vega : China Doll (Grateful Dead Cover)
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Julie Gayet est comédienne et productrice française. En avril 2010, elle était à l’affiche du film « Huit fois debout » : comédie sur la précarité et la difficulté de certains à s’intégrer dans un monde où l’on existe uniquement par le travail. Elle est également productrice associée du film « Les Secrets », actuellement sur les écrans. Entre deux montées des marches à Cannes, Julie Gayet nous fait l’honneur de répondre au questionnaire de la Grande Dépression. Nous l’en remercions.
Crédits : Clarisse Canteloube
Le morceau où vous aimez noyer votre chagrin ?
“Spiegel im Spiegel” de Arvo Pärt et le morceau dure 10:39 !!
Arvo Pärt - Spiegel Im Spiegel
La dernière fois que vous avez pleuré ?
A l’expo temporaire sur les cinéastes américains qui ont filmé la libération des camps de concentration au Mémorial de la Shoa, rue Geoffroy L’Asnier… pour préparer un film où je joue le rôle de Marie-Claude Vaillant Couturier qui témoigne au procès de Nuremberg…
La déprime est-elle source de création ?
Parfois
Votre artiste dépressif(ve) préferé(e)?
Irme Kertez comme auteur
Basquiat comme artiste
Un film qui vous file le bourdon à chaque fois ?
Les Misérables dans toutes les versions!!
La chanson ou l’artiste qui est un phare pour vous en cas de déprime ?
Goldfrapp
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Eva Husson est une comédienne et surtout une réalisatrice française. Elle est titulaire d’un bac et d’un master en réalisation de l’American Film Institute de Los Angeles. Elle fait partie de Irène, un pool de réalisateurs. Eva s’est faite remarquer pour ses courts métrages (”"Hope to die”, “Those for whom it’s always complicate”) aux festivals de Tribeca, Deauville ou Cannes, et pour ses clips videos de The Presets et de M83. Avant d’aller “noyer son chagrin au bar le bien-nommé, La Fidélité”, Eva Husson répond avec beaucoup de précision au questionnaire de la Grande Dépression. Et nous l’en remercions.
Photo by Emilie Lefellic
Le morceau où vous aimez noyer votre chagrin ?
J’aime beaucoup noyer mon chagrin. Un peu d’alcool, une cigarette et une chanson, la recette est certes éculée mais ô combien efficace…
Il y a bien sûr différentes typologies selon la nature du chagrin :
- La mélancolie profonde : « All We Ever Wanted » de Bauhaus
- le chagrin de l’absence amoureuse: « Whispered Words » de Dan Auerbach
- la solitude du voyage : « Someone great » de LCD Soundsystem
- le chagrin qu’on noie en dansant : « Time to Pretend» de MGMT
- les regrets : « Between the Bars », de Elliott Smith
- le chagrin de petite fille : « What’s a Girl to Do », de Bat for Lashes
- le chagrin de l’esthète : « La Ballade de Melody » de Gainsbourg
- la nostalgie : « La Tendresse » de Bourvil
Mais si je veux vraiment noyer mon chagrin pour passer à autre chose, si j’ai vraiment besoin de sécher mes larmes, haut la main c’est « Brand New Key » de Melanie qui gagne.
La dernière fois que vous avez pleuré ?
Aujourd’hui. Je suis une cocotte minute. Je suis une pleureuse. C’est con, mais ça fait tellement de bien de pleurer. J’en mourrais de ne pas pouvoir pleurer je crois.
La déprime est-elle source de création ?
Chez le GDP (Grand Depressif Parisien) commun j’ai l’impression que non. Ce qui est déprimant en soi. Moi, je dois dire, tous les faits tendent à démontrer qu’à chaque fois que je sens le souffle du gouffre, il m’arrive quelque chose de bien artistiquement (soit le hasard des dates fait que je reçois un prix, une bourse, etc., soit je suis tellement triste que je fuis en créant…) J’aimerais bien dire non, ça serait moins fatigant, mais las… Là j’ai un chagrin d’amour, du coup j’ai acheté hier un billet pour Los Angeles, où je vais tourner la suite de mon projet d’amour contrarié « Those For Whom It’s Always Complicated ». Marche ou crève.
Votre artiste dépressif(ve) préferé(e)?
Oh il y en a deux trois…
Chez les cinéastes, j’aime beaucoup le côté cabotin de Scorsese et Woody Allen, j’aime les dépressifs drôles, si je pouvais me coller dans une catégorie, j’aimerais que ce soit celle-là.
Chez les photographes, Gregory Crewdson, Antoine d’Agata, Nan Goldin…
Chez les peintres, Bacon, Goya période noire, Freud…
Chez les écrivains : Proust, Scott Fitzgerald (La Fêlure !!! Le texte ultime sur la relation entre la création et la dépression !), Brett Easton Ellis.
Un film qui vous file le bourdon à chaque fois ?
J’en ai vingt comme ça, c’est trop triste de pas les citer :
Midnight Cowboy (1969 - John Schlesinger). Je pleure comme une madeleine à chaque fois.
Les Chiens de Paille (1971 - Sam Peckinpah)
Le Mépris (1963 – Godard)
Kids (1999 - Larry Clarck)
Les Enfants du Paradis (1946 - Marcel Carné)
Delivrance (1972 - John Boorman)
Magnolia (1999 - P.T. Anderson
Elephant (2003 - GVS)
Annie Hall (1977 - US - Woody Allen)
Persona (1966 - Ingmar Bergman)
Les Amants du Pont-Neuf (1991 - Leos Carax)
Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004 - Michel Gondry)
Raging Bull (1980 - Martin Scorsese)
A bit my Heart Skipped (2005 - Jacques Audiard)
Boys Don’t Cry (1999 - Kimberley Pierce)
Heavenly Creatures (1994 - Peter Jackson)
The Piano (1993 - Jane Campion)
NOSTALGHIA (1983 -Tarkovski )
Dogville (2003, Lars Von Trier)
La chanson ou l’artiste qui est un phare pour vous en cas de déprime ?
Gainsbourg c’est ça, c’est vraiment un phare dans la brume, une affirmation vitale – malgré la violence de la vie, malgré les rendez-vous ratés et ceux gâchés, il faut en rire, s’en servir pour créer, rester sensuel. Une bouée de sur-vie.
Je vais mourir. Tôt ou tard. Laissant derrière moi, entre autres choses, ma page Facebook. C’est valable pour vous aussi. Et d’ailleurs, pour ceux qui n’en ont pas, je vous invite à en ouvrir une. Parce que je vais vous révéler quelque chose : votre page Facebook sera plus visitée que votre tombe.
Une tombe, c’est chiant d’entretien. Même si c’est pas vous qui nettoyez. Et puis, les gens oublient vite où vous êtes enterré. Si ce n’est pas au Père Lachaise, ça sonne tout de suite ‘Province’, et les gens vous snobent. Total, le 1er novembre, pas de fleurs sur votre tombe ! Alors que Facebook, qui aura bientôt intégré la date de décès (à la manière du reminder de la date d’anniversaire), avertira vos amis, qui s’empresseront de poster un petit message, une photo de vous bien vivant, ou une petite video d’une chanson (« Tu vas me manquer » de Pascal Obispo).
Alors, si je peux vous donner un conseil, faites gaffe à une chose : une fois mort, votre dernier statut Facebook sera, pour ainsi dire, votre épitaphe. Pensez-y avant de poster, parce que ça risque de vous suivre ! Imaginez la trace que vous laisseriez si vos derniers mots étaient : « D’attaque pour une super journée de travail ! », « De retour de Vannes ! » ou encore « Encule le chat ».
C’est d’une importance capitale que les pages facebook survivent à leurs propriétaires. Pour une raison simple. Je prends mon exemple : mon nombre d’amis plafonne à 100. Je dois avoir à peu prés une demande d’amis tous les trimestres. Et je sais que mon activité sociale ne va pas améliorer la statistique. Par ailleurs, j’ai remarqué que des personnes me supprimaient de leur effectif d’amitié. Alors, si en plus le décès d’un ami virtuel me fait baisser le nombre d’amis, moi je dis « c’est pas possible ! ». Parce que si je vis vieux, dans 40 ans, y’aura que mon wall sur lequel je pourrais mettre des conneries de Youtube et les liker.
Ma dernière volonté : point de crémation, pas de mise en terre ! Mon corps ira à la poubelle, et Facebook sera ma dernière demeure.
Dead Can Dance - I Am Stretched on Your Grave(Live)
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