Julie Gayet est comédienne et productrice française. En avril 2010, elle était à l’affiche du film « Huit fois debout » : comédie sur la précarité et la difficulté de certains à s’intégrer dans un monde où l’on existe uniquement par le travail. Elle est également productrice associée du film « Les Secrets », actuellement sur les écrans. Entre deux montées des marches à Cannes, Julie Gayet nous fait l’honneur de répondre au questionnaire de la Grande Dépression. Nous l’en remercions.
Crédits : Clarisse Canteloube
Le morceau où vous aimez noyer votre chagrin ?
“Spiegel im Spiegel” de Arvo Pärt et le morceau dure 10:39 !!
Arvo Pärt - Spiegel Im Spiegel
La dernière fois que vous avez pleuré ?
A l’expo temporaire sur les cinéastes américains qui ont filmé la libération des camps de concentration au Mémorial de la Shoa, rue Geoffroy L’Asnier… pour préparer un film où je joue le rôle de Marie-Claude Vaillant Couturier qui témoigne au procès de Nuremberg…
La déprime est-elle source de création ?
Parfois
Votre artiste dépressif(ve) préferé(e)?
Irme Kertez comme auteur
Basquiat comme artiste
Un film qui vous file le bourdon à chaque fois ?
Les Misérables dans toutes les versions!!
La chanson ou l’artiste qui est un phare pour vous en cas de déprime ?
Goldfrapp
Rejoignez La Grande Dépression sur Facebook pour déprimer en mode web 2.0 !!
Eva Husson est une comédienne et surtout une réalisatrice française. Elle est titulaire d’un bac et d’un master en réalisation de l’American Film Institute de Los Angeles. Elle fait partie de Irène, un pool de réalisateurs. Eva s’est faite remarquer pour ses courts métrages (”"Hope to die”, “Those for whom it’s always complicate”) aux festivals de Tribeca, Deauville ou Cannes, et pour ses clips videos de The Presets et de M83. Avant d’aller “noyer son chagrin au bar le bien-nommé, La Fidélité”, Eva Husson répond avec beaucoup de précision au questionnaire de la Grande Dépression. Et nous l’en remercions.
Photo by Emilie Lefellic
Le morceau où vous aimez noyer votre chagrin ?
J’aime beaucoup noyer mon chagrin. Un peu d’alcool, une cigarette et une chanson, la recette est certes éculée mais ô combien efficace…
Il y a bien sûr différentes typologies selon la nature du chagrin :
- La mélancolie profonde : « All We Ever Wanted » de Bauhaus
- le chagrin de l’absence amoureuse: « Whispered Words » de Dan Auerbach
- la solitude du voyage : « Someone great » de LCD Soundsystem
- le chagrin qu’on noie en dansant : « Time to Pretend» de MGMT
- les regrets : « Between the Bars », de Elliott Smith
- le chagrin de petite fille : « What’s a Girl to Do », de Bat for Lashes
- le chagrin de l’esthète : « La Ballade de Melody » de Gainsbourg
- la nostalgie : « La Tendresse » de Bourvil
Mais si je veux vraiment noyer mon chagrin pour passer à autre chose, si j’ai vraiment besoin de sécher mes larmes, haut la main c’est « Brand New Key » de Melanie qui gagne.
La dernière fois que vous avez pleuré ?
Aujourd’hui. Je suis une cocotte minute. Je suis une pleureuse. C’est con, mais ça fait tellement de bien de pleurer. J’en mourrais de ne pas pouvoir pleurer je crois.
La déprime est-elle source de création ?
Chez le GDP (Grand Depressif Parisien) commun j’ai l’impression que non. Ce qui est déprimant en soi. Moi, je dois dire, tous les faits tendent à démontrer qu’à chaque fois que je sens le souffle du gouffre, il m’arrive quelque chose de bien artistiquement (soit le hasard des dates fait que je reçois un prix, une bourse, etc., soit je suis tellement triste que je fuis en créant…) J’aimerais bien dire non, ça serait moins fatigant, mais las… Là j’ai un chagrin d’amour, du coup j’ai acheté hier un billet pour Los Angeles, où je vais tourner la suite de mon projet d’amour contrarié « Those For Whom It’s Always Complicated ». Marche ou crève.
Votre artiste dépressif(ve) préferé(e)?
Oh il y en a deux trois…
Chez les cinéastes, j’aime beaucoup le côté cabotin de Scorsese et Woody Allen, j’aime les dépressifs drôles, si je pouvais me coller dans une catégorie, j’aimerais que ce soit celle-là.
Chez les photographes, Gregory Crewdson, Antoine d’Agata, Nan Goldin…
Chez les peintres, Bacon, Goya période noire, Freud…
Chez les écrivains : Proust, Scott Fitzgerald (La Fêlure !!! Le texte ultime sur la relation entre la création et la dépression !), Brett Easton Ellis.
Un film qui vous file le bourdon à chaque fois ?
J’en ai vingt comme ça, c’est trop triste de pas les citer :
Midnight Cowboy (1969 - John Schlesinger). Je pleure comme une madeleine à chaque fois.
Les Chiens de Paille (1971 - Sam Peckinpah)
Le Mépris (1963 – Godard)
Kids (1999 - Larry Clarck)
Les Enfants du Paradis (1946 - Marcel Carné)
Delivrance (1972 - John Boorman)
Magnolia (1999 - P.T. Anderson
Elephant (2003 - GVS)
Annie Hall (1977 - US - Woody Allen)
Persona (1966 - Ingmar Bergman)
Les Amants du Pont-Neuf (1991 - Leos Carax)
Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004 - Michel Gondry)
Raging Bull (1980 - Martin Scorsese)
A bit my Heart Skipped (2005 - Jacques Audiard)
Boys Don’t Cry (1999 - Kimberley Pierce)
Heavenly Creatures (1994 - Peter Jackson)
The Piano (1993 - Jane Campion)
NOSTALGHIA (1983 -Tarkovski )
Dogville (2003, Lars Von Trier)
La chanson ou l’artiste qui est un phare pour vous en cas de déprime ?
Gainsbourg c’est ça, c’est vraiment un phare dans la brume, une affirmation vitale – malgré la violence de la vie, malgré les rendez-vous ratés et ceux gâchés, il faut en rire, s’en servir pour créer, rester sensuel. Une bouée de sur-vie.
Géraldine Nakache est comédienne. Elle est également réalisatrice et scénariste du premier Buddy Movie féminin français, « Tout ce qui Brille » qui sort actuellement en salles. La Grande Dépression lui avait envoyé le fameux questionnaire en avril 2009, auquel elle avait répondu par un « c’est rigolo votre truc ! ». Opportunistes, nous nous empressons de vous délivrer les délicieuses réponses de Géraldine, en la remerciant.
Le morceau où vous aimez noyer votre chagrin ?
Céline Dion (Tous les titres!!!)
Céline Dion - All by myself
La dernière fois que vous avez pleuré ?
Tout à l’heure, je donnais la réplique à une comédienne pour des essais. Elle était époustouflante. Elle m’a faite pleurer. Elle s’appelle Fejria Deliba. ça fait un peu “Céline Dion” justement, mais elle m’a touchée…
La déprime est-elle source de création ?
Pas du tout. Pour moi, elle est sclérosante.
Votre artiste dépressif(ve) préferé(e)?
Jeff Buckley & Thom Yorke (RADIOHEAD)
Un film qui vous file le bourdon à chaque fois ?
Un film qui me file le “bourdon positivement”: LES PARAPLUIES DE CHERBOURG
Et un film qui me fout le vrai bourdon, genre j’ai “envie de crever”: “REQUIEM FOR A DREAM”
La chanson ou l’artiste qui est un phare pour vous en cas de déprime ?
Les artistes qui me sortent de la déprime : Sufjan Stevens & La Compagnie Créole
Et le morceau qui m’y plonge encore plus : “LE GEANT DE PAPIER” de Jean -Jacques Lafon.
Jean-Jacques Lafon - Le Géant de Papier
Rejoignez La Grande Dépression sur Facebook pour déprimer en mode web 2.0 !!
Aure Atika est comédienne. Au théâtre. Au cinéma. Le plan B. Versailles. Elle a également écrit et réalisé deux courts métrages, dont le dernier, se nomme De L’amour, et il est à découvrir sur son myspace. En attendant, sur un fond noir, Aure a répondu au questionnaire de la Grande Dépression. Nous la remercions du fond du coeur.
Le morceau où vous aimez noyer votre chagrin ?
Dans l’album “A single man” d’Elton John, j’hésite entre Song For Guy, Georgia, et Shine On Through…
La dernière fois que vous avez pleuré ?
Il y a deux semaines. Je ne pensais pas avoir autant de larmes.
La déprime est-elle source de création ?
la vraie deprime, non, ca paralyse tous mes sens.
Votre artiste dépressif(ve) préferé(e)?
Julien Baer et Woody Allen
Un film qui vous file le bourdon à chaque fois ?
Tous les films dont les affiches ont un fond blanc me dépriment par avance.
La chanson ou l’artiste qui est un phare pour vous en cas de déprime ?
“Take me to the matador” de Garland Jeffreys.
Commentaires