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Deathbook

mai 10th, 2010 No comments

Je vais mourir. Tôt ou tard. Laissant derrière moi, entre autres choses, ma page Facebook. C’est valable pour vous aussi. Et d’ailleurs, pour ceux qui n’en ont pas, je vous invite à en ouvrir une. Parce que je vais vous révéler quelque chose : votre page Facebook sera plus visitée que votre tombe.

Une tombe, c’est chiant d’entretien. Même si c’est pas vous qui nettoyez. Et puis, les gens oublient vite où vous êtes enterré. Si ce n’est pas au Père Lachaise, ça sonne tout de suite ‘Province’, et les gens vous snobent. Total, le 1er novembre, pas de fleurs sur votre tombe ! Alors que Facebook, qui aura bientôt intégré la date de décès (à la manière du reminder de la date d’anniversaire), avertira vos amis, qui s’empresseront de poster un petit message, une photo de vous bien vivant, ou une petite video d’une chanson (« Tu vas me manquer » de Pascal Obispo).

Alors, si je peux vous donner un conseil, faites gaffe à une chose : une fois mort, votre dernier statut Facebook sera, pour ainsi dire, votre épitaphe. Pensez-y avant de poster, parce que ça risque de vous suivre ! Imaginez la trace que vous laisseriez si vos derniers mots étaient : « D’attaque pour une super journée de travail ! », « De retour de Vannes ! » ou encore « Encule le chat ».

C’est d’une importance capitale que les pages facebook survivent à leurs propriétaires. Pour une raison simple. Je prends mon exemple : mon nombre d’amis plafonne à 100. Je dois avoir à peu prés une demande d’amis tous les trimestres. Et je sais que mon activité sociale ne va pas améliorer la statistique. Par ailleurs, j’ai remarqué que des personnes me supprimaient de leur effectif d’amitié. Alors, si en plus le décès d’un ami virtuel me fait baisser le nombre d’amis, moi je dis « c’est pas possible ! ». Parce que si je vis vieux, dans 40 ans, y’aura que mon wall sur lequel je pourrais mettre des conneries de Youtube et les liker.

Ma dernière volonté : point de crémation, pas de mise en terre ! Mon corps ira à la poubelle, et Facebook sera ma dernière demeure.

Dead Can Dance - I Am Stretched on Your Grave (Live)

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Et La Terre Fut…

juin 25th, 2009 2 comments

Je ne veux pas écrire un post générationnel, dans le genre les « filles nées en 1973 ont trente ans ». Ni un post alarmiste (”de toute façon il est trop tard pour être pessimiste”).

En visionnant le générique de « Il était une fois… l’Homme », un dessin animé de 1978, un sentiment de culpabilité et une profonde tristesse ont jaillit en moi. Car je me souviens parfaitement que j’éprouvais ce sentiment, précisément, lorsque j’étais enfant en regardant ce programme de FR3. Je me sentais tout petit. Comme une poussière dans l’univers. Je regardais le petit compteur temporel en haut à droite de l’écran, et je voyais des dizaines d’années défiler en quelques secondes : la densité de l’Histoire face au vide de mon début de vie. Sans le savoir, je faisais l’apprentissage du temps qui passe, du cycle de la vie, et de l’appréhension de la mort.

C’est un peu tard pour le remercier, car Albert Barillé, le créateur de la série, est décédé en février  2009, mais je souhaite lui rendre hommage. Car cet homme nous avait mis en garde. Dans le dernier épisode de la série « Il était une fois… l’Homme», il anticipait la pollution, la crise alimentaire, la crise des déchets, l’épuisement des ressources naturelles ! Trente ans avant Al Gore et Yann-Arthus Bertrand, Albert Barillé  tirait la sonnette d’alarme d’un monde qui grandit trop vite et qui ne veut pas se calmer, au risque d’exploser. Les dernières images du générique sont d’une noirceur assez inappropriée pour un dessin animé pour enfant : personne ne l’avait remarqué à l’époque. Aujourd’hui, cela me rend encore plus triste. Nous avons tué notre planète. Et nous savions comment l’éviter.

Ajouté à ce parfum de fin du monde, la musique du générique me met la larme à l’œil. C’est une adaptation de la “Toccata et Fugue en ré mineur” de Jean-Sébastien Bach par le compositeur japonais Yasuo Sugiyama. Oui, les génériques de dessins animés ne sont pas tous fait par Jean François Porry et Gérard Salesses. Bien déprimants également certes, mais pour d’autres raisons.